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Quand j'ai quitté mon Nord natal, c'était en grande partie pour me rapprocher de la montagne. Quand on vient du "Plat Pays" les sommets opèrent facilement une attirance magique, et, comme j'en ai parlé précédemment, je suis toujours ému quand j'aperçois le Mont Blanc depuis Lyon.

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Entre autres rêves d'adolescent (j'en ai encore quelques uns !), la nuit en refuge et la course en haute montagne restaient des objectifs non atteints. Cela fait quelques années que Cyrille, un collègue et ami avec lequel j'ai fait quelques randonnées à ski, me propose de partir un week-end pour pouvoir enfin monter plus haut, vers les glaciers. Mais j'ai toujours refusé, d'une part parce que je n'aime pas beaucoup laisser ma petite famille toute seule, d'autre part parce que Cyrille étant un sportif bien plus entraîné que moi, surtout en altitude, j'ai peur de ne pas le suivre voir de me retrouver tétanisé de peur dans un passage trop vertigineux. Je sais d'expérience, que sans être véritablement sujet au vertige, je peux facilement me retrouver à 4 pattes dans les passages où je ne me sens pas en sécurité. La preuve en est que, si en Via Ferrata j'ai déjà expérimenté quelques centaines de mètre de vide sous les pieds, en escalade réelle, je ne suis jamais monté plus haut que 20m ! De même, une pente sérieuse ne m'effraie pas tant que j'ai mon Snowboard aux pieds, dés que je déchausse, je rampe !

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Mais cette fois la proposition venait d'ailleurs et il était bien plus difficile de ne pas accepter. En effet, c'est Philippe qui a lancé l'idée. Ils nous proposait un "petit" 3600 en Vanoise, avec Martin son fils aîné (15ans). Ils nous invitait donc, Jean-Michel et moi-même, à les accompagner dans cette course réputée facile mais nécessitant quand même crampons, piolet, cordées et nuit en refuge. Comme je savais que Jean-Michel n'était guère plus entraîné que moi, et que Martin réalisait là sa première course en haute montagne, j'étais rassuré sur le rythme et le niveau. De plus faire ce baptême avec mes deux acolytes de RAP/Voile/VTT était vraiment une occasion unique de réaliser ce vieux rêve. J'acceptai donc l'invitation, un peu déçu quand même que ni Dom, ni Manon ne soient intéressées. Victor, lui, est de toute façon trop jeune encore. A la reflexion, je pense que la prochaine fois, ils pourraient très bien nous accompagner jusqu'au refuge et se dorer la pillule en nous attendant sur le chemin du retour... A voir.

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Samedi, en fin de matinée, nous décollons donc vers la Vanoise, direction Pralognan. Il a fallu s'équiper en crampons, piolets, baudriers, cordes... Merci à Décathlon et aux amis (jérémy) qui nous ont aidés. Nous sommes 5, Philippe et son fils Martin, Jean-Michel et son fils Martin (!) et moi-même sans mon fils !

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Départ après un petit pique-nique, depuis le hameaux du Prioux à 1700m. Première grimpette, on ne s'affole pas, on a 2000m devant nous. 1000 aujourd'hui, 1000 demain...

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Première grimpette... et premières cloques !

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Quelques marmottes nous saluent en sifflant. Elles sont grasses et peu sauvages, elles se préparent à affronter l'hiver.

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Après 3h de marche, on arrive au refuge de la Valette. Le site est splendide. 3 Chalets, un pour la famille des gardiens (2 enfants et 2 ânes !), un chalet dortoir, et un chalet "de vie". Dés notre arrivée, j'essaie le dortoir. En fait, c'est tout à fait honorable comme confort, en plus le dortoir n'est qu'à moitié plein. Avec un peu de chance, on devrait même pouvoir dormir !

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On prépare les lits, on se repose un brin, on vide partiellement les sacs, pour n'emmener demain que le strict nécessaire, on fait les essayages/réglages des crampons et des baudriers, et c'est vite l'heure du repas.

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Encore un fois, c'est une agréable surprise. Les gardiens du refuge nous ont préparé une soupe avec des produits non identifiés mais succulents, puis des lasagnes, un petit dessert, une infusion... Que du bonheur !

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On enchaîne avec une partie de Wist mouvementée où les 2 plus jeunes se sont livrés un bataille à rebondissements. Finalement, c'est le plus jeunes des 2 Martin qui a eu le dernier mot. Vers 11h, on file au lit ; il n'est pas bien tard, mais le réveil prévu à 4h30, me pousse à suivre les autres même si je ne suis guère fatigué. Avant de me coucher, je jette un coup d'oeil au ciel. J'avais pris mes grosses jumelles pour faire un peu d'Astronomie si le ciel était clair. Un ciel sans Lune à 2700m je ne connais pas encore, ça doit être quelque chose. Hélas, le ciel est totalement voilé, on voit à peine une étoile, tant pis ! Quel temps aurons-nous demain ?

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Le dortoir est relativement calme. Un seul ronfleur trouble le silence, heureusement j'ai pensé à prendre mes boules "Quies" ! Malgré tout, j'ai beaucoup de mal à trouver le sommeil. J'ai même l'impression de ne pas dormir du tout... Un peu de stress sans doute.

A 4h30, on se prépare avant même que le gardien ne vienne sonner le clairon. On prend un bon petit déjeuner, on met nos baudriers, sac sur le dos, frontales allumées et on part.

J'avais entendu parlé de ces départs de refuge à la frontale. Mais là, il y a un invité surprise qui transforme ce moment magique. La Lune s'est levée dans un ciel totalement dégagé et elle nous éclaire maintenant avec une telle vigueur que nous pouvons avancer sans éclairage. Au dessus de l'horizon, Orion une constellation d'hiver, est déjà là ! Il est vrai que je n'ai pas l'habitude de voir le ciel à 5h du matin ! La lune éclaire les glaciers qui nous dominent et donne à notre environnement un aspect fantastique voire "Lunaire" !

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Cette superbe photo de Jean-Michel donne un peu le ton de cette inoubliable ambiance féerique.

Puis nous abordons les choses sérieuses. Un bon raidillon dans les rochers, jusqu'aux premières neiges. En chemin, un drôle de bruit se fait entendre. Le Yéti ? Un écoulement d'eau dans un siphon sous les glaces ? Le cri d'un bouquetin en rut ? On dirait un peu un coassement, mais celui d'un crapaud géant transgénique ! Au retour, la gardienne du refuge nous donnera la réponse : C'est le cri du Lagopède, vous savez, ce volatile qui change de couleur avec les saisons. Pendant, que l'on monte, le Soleil se lève lui aussi. Les sommets se colorent de rose et la vallée apparaît, noyée de brume.

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Nous arrivons en vu des premiers névés. A cette heure matinal, ils sont encore gelés.

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C'est le moment de chausser nos crampons et de nous encorder.

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Notre chef d'équipe décide de prendre en charge Jean-Michel et Martin-le-jeune. Tandis que j'assurerai la sécurité de Martin-le-vieux. Ce dernier nous fait d'ailleurs une petite démonstration de son aisance sur la glace. La suite nous prouvera que cette aisance est inversement proportionnelle à la taille du névé...

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Nous faisons alors nos premiers pas sur la glace. C'est assez étrange au début, et on est pas tout de suite à l'aise. En particulier, il n'est pas très naturel de poser le pied à plat sur la glace quand la pente dépasse les 30°. Au contraire, la tendance est plutôt de s'incliner vers l'amont et de s'appuyer sur son piolet, mais les crampons sont alors bien moins efficaces, à la limite, ils perdent de leur adhérence et le pied glisse. On a beau savoir qu'à l'autre bout de la corde, un montagnard averti (moi ?) vous retiendra en s'arc-boutant sur son piolet, les cailloux qui glissent et roulent sur la glace jusqu'aux rochers quelques dizaines (centaines ?) de mètres plus bas, ne mettent pas en confiance. Et quand nous attaquons ce qui semble être la plus grande traversée sur la glace, ni moi ni Martin ne sommes bien fiers.

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Elle n'a l'air de rien comme ça, mais elle est vraiment impressionnante. Ce n'est pas la belle neige blanche du premier plan, mais la grosse traînée grise du second plan. Vous n'avez pas l'échelle, mais je vous garantis qu'elle fait bien 100m de large sur au moins 200 de haut (à la louche !). Les crampons se plantent difficilement dans cette glace dure, plusieurs fois, le pied dérape, on s'agrippe à  son piolet ; des cailloux noyés dans la glace rendent l'adhésion moins sure encore. En tant que premier de cordée, j'encourage Martin comme un vieil habitué, mais je n'en mène pas large... Est-ce mon manque d'assurance mal camouflé ? Ou est-ce le fait d'une moins grande expérience de mon acolyte ? Toujours est-il qu'après quelques dizaines de mètres de traversée, Martin se bloque ! Il ne veut plus avancer... ni reculer d'ailleurs ! Je ne sais que faire. J'ai beau tenter de le raisonner, rien à faire, il ne peut plus bouger. Je cherche une issue... les 2 cotés de la plaque sont aussi éloignés l'un que l'autre. Par contre, le bord supérieur de la plaque est à ma portée. Je monte donc jusqu'en haut, heureusement nous nous sommes encordés assez "long". Au sommet de la plaque, au contact avec la falaise qui la domine, la glace a fondu sur quelques décimètres et je peux me glisser entre la roche et la glace. Là je suis en sécurité, enfoncé jusqu'à la taille dans ce petit goulot, je respire un peu. Je passe alors dans un "8" la corde qui me relie toujours à Martin et je tends la corde pour la mettre en tension. Martin se sentant alors suspendu reprend confiance et il parvient à me rejoindre. Entre temps, Philippe qui a fini sa traversée avec les 2 autres, se désencorde et nous rejoint. Nous reformons alors une cordée à trois et encadrons Martin pour le sécuriser au maximum. De cette façon, nous parvenons à finir la traversée et rejoignons Martin (le jeune) et Jean-Michel qui nous ont préparé des marches dans la glace.

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Martin est définitivement découragé, il veut s'arrêter là. On lui laisse des vêtements chauds, un peu de nourriture et on continue sans lui. Cependant, nous avons revu notre objectif : Au lieu du sommet du dôme, Chasseforêt à 3586m, nous nous arrêterons au premier dôme des Sonnailles qui culmine quand même à 3361m. Nous reprenons donc notre progression sans Martin avec lequel nous restons quand même en contact par talkie-walkie, du moins pendant les premières centaines de mètre. Nous abordons une zone de rochers où notre marche commence à ressembler parfois à de l'escalade. Cela ne semble pas être du goût de Jean-Michel. Puis soudain, la pente s'adoucie et l'horizon se dégage. Les sommets apparaissent, ainsi que leur cortège de glaciers et de séracs. La beauté du panorama est au delà de ce que j'attendais. C'est magnifique, où que l'on regarde la montagne est splendide et nous écrase par sa majesté. Ici la Grande Casse, là le Mont Blanc...

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Encore quelques mètres et nous sommes au sommet des Sonnailles. De l'autre côté du glacier, le dôme de Chasseforêt nous nargue. Il faudrait bien encore une heure de marche pour l'atteindre et Martin nous attend. Nous nous arrêtons donc ici, satisfaits d'être à un sommet malgré tout. Séance photo prolongée obligatoire, comme si nous étions au sommet de l'Everest ! C'est mon premier vrai sommet et le plaisir que je ressens est à peine tempéré par la perspective de la rareté de ce type d'évènement forcément exceptionnel (alambiquée ma phrase ? Pas du tout !).

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Puis rapidement, nous redescendons vers notre traumatisé en espérant le retrouver vivant ! En chemin, nous rencontrons encore quelques passages délicats (n'est-ce pas Jean-Michel ?).

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Et enfin, voici Martin quelque peu... rafraîchi ! Nous faisons une pose et nous ravitaillons.

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Reste qu'il nous faut retraverser notre plaque de glace, et que Martin voit ça d'un très mauvais oeil... nous aussi d'ailleurs ! Nous décidons avant tout de perdre un maximum d'altitude avant de tenter la traversée, pour rassurer les troupes. Je vais donc descendre en rappel, de la longueur de la corde la plus longue, celle de Philippe qui doit faire une trentaine de mètres, et receptionner les suivants. Me voila parti. Arrivé à l'extrémité de la corde, j'ai la désagréable impression que le j'ai toujours autant de vide derrière moi. La glace est toujours aussi dure. J'essaie de creuser des marches avec le piolet tout neuf que l'on m'a prêté, il perd quelques centimètres de peinture, mais les marches sont insuffisantes à mon goût. En effet, pour servir de relai, je dois forcément me détacher pour libérer la corde de Philippe. Mais l'idée de me détacher et de me retrouver sans assurance sur cette paroi... me glace ! La prochaine fois, il faudra prévoir une broche à glace.

Finalement, je remonte et change de corde. Nous décidons que je descendrai le plus bas possible, assuré par ma propre corde, un peu plus courte, et que je resterai attaché jusqu'à ce que les autres m'aient rejoint pour reformer une cordée. Chacun à notre tour, nous descendons assurés par Philippe et nous nous fabriquons un ancrage avec nos piolets.

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Quand tout le monde est descendu, Philippe se détache du rocher sur lequel  il s'était assuré et il entreprend de nous rejoindre sans assurance. On reconnaît le montagnard averti ! Nous le regardons progresser avec un peu d'angoisse. Nous sommes alors 4 zozos agripés à nos piolets, comme une grosse grape humaine, au milieu d'une paroi glacée. La pente semble très soutenue, quasi verticale. Pourtant, elle n'est que de 30° environ, la pente d'une piste noire quand même. Alors imaginez ce qui vous arriverait si vous glissiez sur une piste noire gelée avec des rochers en bas... Seul Martin-Le-Jeune semble à l'aise. Il est vrai que son père l'a déjà bien initié à l'altitude. Secrètement, je me demande comment nous allons sortir de cette mauvaise passe, et j'en viens même à souhaiter que nous n'ayons pas à faire appel à des secours... Le temps passe et je comprends enfin pourquoi il est toujours conseillé de partir très tôt, de même que j'ai enfin compris ce jour à quoi sert un piolet !

Philippe choisit de ne pas descendre directement dans notre direction mais plutôt de faire 2 grandes traversées.

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Cherchez bien il est là, sur la gauche...

Je ne sais pas comment on a réussi à retraverser... Quand Philippe est arrivé, nous avons reformé une cordée à 5, assez sérrée et on est reparti, lentement, prudemment. Après une heure passée sur cette pente, on a du s'habituer un peu.

Ensuite, nous rejoignons notre "camp de base" de La Valette par une longue descente dans les rochers. On croise quelques chamois, un lac de montagne, la ruine colossale d'un ancien refuge...

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Ne cherchez pas les chamois... Ils sont déjà partis !

Arrivé au refuge, on reprend le matériel laissé le matin, on prend un dernier repas, on salue la gardienne, on jette un dernier coup d'oeil à la montagne... On est quand même content d'y être arrivé !

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Vu d'ici, la paroi de glace semble ridicule...

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Il nous reste 1000m à descendre. Une broutille ! Mais la fatigue commence à se faire sentir sérieusement. Je tente de garder le rythme de Philippe et son fils. Plus vite en bas, plus vite pieds nu ! Hélas, ils vont bien trop vite pour moi, et mon genou droit commence à me faire souffrir. Je n'ai jamais apprécié les descentes... à pieds ! Qu'est ce que je donnerais pour un VTT ! Jean-Michel me rattrape, il attend Martin-Le-Vieux qui prend son temps. Tous deux souffrent des pieds. Ils devinent les ampoules qui décorent sans doute leurs pauvres orteils ! Mon genou me fait de plus en plus souffrir, une espèce de tendinite m'empèche de plier la jambe. Je ne peux plus descendre que par demi-pas ! Heureusement que j'ai pris mes batons de marche. Je m'en sers comme de 2 béquilles. Hier, à la montée, c'est ma hanche gauche qui s'était faite sentir, décidément, le manque d'entrainement se paye !

Finalement, nous arrivons en bas exténués, souffrants, mais heureux !

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Philippe et Martin-Le-Jeune sont arrivés depuis longtemps, ils ont rapproché la voiture pour nous épargner les derniers mètres. Il est 17h30. Dire que nous sommes partis ce matin à 5h ! En temps cumulé, entre hier et aujourd'hui, Martin a comptabilisé 12h de marche... Dominique a bien fait de ne pas venir !

Assez rapidement, nous enlevons nos chaussures, déposons nos sac et nous repartons vers Lyon. Il nous reste 2h de route. La route sinue, Philippe roule un peu vite et surtout je ne conduis pas... Assez rapidement, je suis pris de nausée, déjà que j'avais la migraine ! Je demande qu'on ouvre les fenêtres, je respire profondément "ça va passer !" me dis-je, il faut tenir jusqu'en bas, dans la vallée, là la route sera plus droite... J'ai peut-être un peu forcé. Hélas, ma nausée ne passe pas, au contraire...

Au bout de quelques minutes, je commence à sentir des fourmillements dans les doigts. NOOOOOON ! Pas ça ! Pas encore ça ! Je remue les doigts en espérant faire avorter le processus que je reconnais. J'essaie de me raisonner "C'est psychosomatique, il suffit d'être plus fort que son corps !" Ouais, c'est ça ! Espère ! Bien sûr, les fourmillements progressent et gagnent les mains. Je préviens mes compagnons : "Je vais faire une crise de tétanie, ce n'est pas grâve, c'est une forme de spasmophilie, j'en ai déjà fait 2, ça passe tout seul, mais il faudra s'arrêter le temps que je retrouve le contrôle de mes membres..." En fait, le phénomène s'accélère et en quelques minutes les fourmillement ont gagné la totalité de mes bras et de mes jambes et mes mains commencent à se contacter sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Encore une minute et je suis totalement recroquevillé, je me mets à pleurer nerveusement. Philippe s'arrête, on me détache et on me pose sur l'herbe à côté de la voiture. La première fois que ça m'est arrivé, j'ai cru que j'allais mourir ! Je venais de tirer mon neveu en luge dans la neige pendant plus d'une heure. Est-ce l'altitude ? L'effort ? Il avait fallu m'emmener d'urgence chez le docteur. Un petit décontractant et c'était passé. La deuxième fois, je montais à Paris en "stop", cette fois pas d'effort, pas d'altitude, par contre j'étais toujours passager en voiture... A voir.

Au bout de 5 à 10 mn, mes membres se décontactent effectivement et je cesse de pleurer. Il me reste encore quelques fourmis dans les doigts, mais je pense pouvoir repartir. Jean-Michel me cède sa place à l'avant. Cette fois philippe roule très doucement et tente d'adoucir les virages. Hélas la crise n'est pas totalement passée, et les fourmillements regagnent du terrain. je me remets à sangloter. Philippe s'arrête dés le premier parking, au village suivant et nous décidons d'attendre que la crise soit totalement passée. je m'allonge par terre et tente de me calmer. 1/4h plus tard je pleure toujours à chaudes larmes. Si la tétanie est bel et bien passée, je suis toujours incapable de me tenir debout, de m'arrêter de pleurer et à fortiori de repartir. Il faut appeler les urgences.

En attendant les pompiers, je respire dans un sac en plastique pour me sous-oxygéner. Le remède classique que reconnaitrons tous les spasmophiles. Le camion rouge arrivera assez rapidement. Après les contrôles habituels des fonctions vitales, les pompier(e)s m'emmenent vers le plus proche centre médical. Petit examen par le médecin, demi comprimé de calmant et enfin je me sens mieux. Je suis frigorifié, épuisé, mais je ne pleure plus. On prend encore le temps d'aller boire une boisson chaude dans un bar et enfin on peut repartir. Cette fois jusqu'à Lyon sans dommages. Voilà un week-end qu'on n'est pas prèt d'oublier !

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