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Cela faisait 20 ans je pense que je n'y étais pas retourné. J'en avais gardé malgré tout un souvenir impérissable. J'avais alors ma première voiture (une Mini Morris de 1968) et je me souviens qu'au retour j'étais si fatigué que j'avais dû m'arrêter sur la route pour dormir un peu. Je n'avais pourtant fait que 3 descentes sur la journée ! La Grave, c'est un mythe, un site unique (à ma connaissance). Vous partez de 1400m et (après un certain temps) vous arrivez à 3550m. La descente est totalement libre... et donc forcément dangereuse. Il faut savoir ne pas s'aventurer là où votre niveau ne vous permet pas de passer. Ici, c'est la haute montagne, vous côtoyez les séracs. Ici, vous croisez des fous furieux qui utilisent des skis larges comme des surfs et des surfs que vous pourriez utiliser comme planche à repasser ! On croise assez peu d'enfants, aucun débutant, et il est de bon ton d'emporter la pelle et la sonde à avalanche, voire l'Arva et le baudrier. Ici, c'est du sérieux.

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Cela faisait pas mal d'années que l'envie d'y retourner me travaillait, mais je n'avais personne pour m'accompagner. Alors quand Philippe m'a proposé de les accompagner, je n'ai pas hésité bien longtemps !

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Après une attente inversement proportionnelle au temps qui vous sépare de la dernière chute de neige, vous embarquez dans une des 6 télécabines qui forment le "train" que vous pouvez voir sur la bannière en haut de ce message. Si vous êtes observateur, vous pouvez repérer également l'ombre sur la photo du milieu ci-dessus. Un premier tronçon vous emmène à 2400m. Puis vous refaite la queue pour prendre le deuxième tronçon et vous arrivez à 3200m. Là déjà, le paysage est radicalement différent de ce que vous avez l'habitude de fréquenter dans les stations de ski "normales". Et vous vous dites que l'attente n'est rien pour une récompense aussi grandiose. CIMG1342Pour finir l'ascension, il faut rejoindre une curieuse remontée mécanique suspendue au-dessus du glacier et fixée de part et d'autre, sur les parois rocheuses. P1010717 Et pour aller jusqu'au départ de ce dernier tronçon, on vous offre une promenade en... ratrack ! Enooorme ! On croit rêver quand on voit l'engin de damage tracter sa grappe de pingouins !

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Et enfin vous accédez au sommet, 3550m. L'oxygène commence à manquer pour les moins accoutumés (comme, moi !) mais quel panorama. Au moins on domine !

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Puis c'est la descente. Même si la neige n'est pas tombée depuis plusieurs jours, même si des centaines (des milliers ?) de riders ont déjà sillonné la montagne, on trouve quand même de la poudreuse ici et là. La pente est raide, Philippe skie avec une aisance déconcertante et les 2 ados suivent avec une certaine maîtrise. Je suis un peu à la traîne. La neige est trop changeante pour que je puisse me lâcher. On passe radicalement de la trafolée durcie à la transformée (ça freine !) et de la poudreuse à la croûtée (ça surprend !). Mais je me fais plaisir quand même, et quel plaisir ! Par contre, j'en prend plein les jambes. Ouf !

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Après quelques descentes sur le glacier, nous repassons de l'autre côté (les fameux "Vallons de la Meije") et nous nous installons sur une arête pour le pique-nique.

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Tout autour de nous c'est raide. Le décor est grandiose, à couper le souffle (en plus du manque d'oxygène !). Les pentes les plus raides ont été sculptées par les passages répétés des skieurs, et dans leurs portions les plus étroites, elles dépassent ce que je connais de plus vertical en matière de pistes noires. A ceci près qu'au bas du champ de bosses, on trouve parfois... une barre rocheuse ! Mieux vaut ne pas rater son virage et descendre avec plus de prudence que de fougue. Heureusement que nos 2 jeunes ne font pas les fous. Cependant, Victor qui pour la première fois skiait sur une neige aussi délicate (et qui avait un poignet dans le plâtre !) a fini par se faire mal au genou dans une neige croutée et s'est arrété un peu avant nous. Personnellement, j'ai eu vraiment beaucoup de mal à retrouver un peu de punch après le repas et je pense que je n'aurais pas pu nous ramener jusqu'à Lyon sans faire une pause. Heureusement que Philippe est plus endurant que moi !